Électrification des transports


2007-03-21
Le biodiésel, un carburant propre à l'avenir prometteur
Le réchauffement de la planète est préoccupant, le prix du baril de pétrole est instable et les scientifiques du monde entier cherchent toujours la meilleure façon de sensibiliser les gouvernements aux dangers des émissions de gaz à effet de serre. C’est de cette réalité qu’est né le désir de mettre sur le marché ce carburant écologique : le biodiésel.

Des arachides, vous dites?!
La première forme de biodiésel a vu le jour en 1899 lors de l’Exposition universelle de Paris. Rudolf Diesel présentait alors le fruit de ses recherches : un moteur à combustion interne alimenté à l’huile d’arachide. Ce n’est qu’au cours des années 1920 que le pétrodiésel (diésel classique) a remplacé progressivement ce premier carburant écologique, et ce, en devenant le plus utilisé dans les moteurs de voitures. Dès lors, une des principales causes responsables de la dégradation de l’écosystème terrestre venait de s’enclencher.

Non toxique et biodégradable
Fabriqué à partir d'huiles végétales, d'huiles à cuisson usées, de graisses animales ou de tallöl (un résidu de la fabrication de pâtes et papiers), ce carburant assure une meilleure combustion. Il a de plus l’avantage de mettre à profit des substances qui, autrement, seraient entreposées et difficilement décomposables dans la nature.

Le biodiésel est produit grâce à un procédé appelé transestérification. En d’autres termes, il est obtenu par une réaction chimique combinant du méthanol avec des matières grasses animales ou végétales. Le produit qui en résulte est un ester de méthyle renouvelable et biodégradable en seulement trois semaines.

Le projet BIOBUS
La Société de transport de Montréal (STM) a lancé, en mars 2002, son projet pilote intitulé BIOBUS. S’échelonnant sur une période de douze mois, cette initiative avait pour objectif d’intégrer 20 % de biodiésel au carburant traditionnel de 155 autobus oeuvrant sur le territoire montréalais.
Dans le cas présent, les mesures prises à la sortie des tuyaux d’échappement du moteur démontrent que l’impact du biodiésel sur les émissions de CO2 est négligeable (réduction variant entre 1 % et 2 %). Il est important de comprendre que la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) est plutôt liée au cycle de production du biodiésel.

En somme, le rapport final du projet BIOBUS indique clairement la viabilité de l’utilisation du biodiésel par les sociétés de transport en commun. À plus grande échelle, soit à travers le Québec et le Canada, les données recueillies démontrent que l’utilisation du biodiésel peut contribuer à réduire davantage les émissions des GES.

Le revers de la médaille
Le biodiésel n’y échappe pas! Malgré ses nombreux avantages, quelques inconvénients sont à prendre en considération. Par exemple, ce type de carburant risque de figer par temps froid lorsqu’il dépasse une concentration de 5 %. Il est aussi à noter qu’étant un solvant léger, il risque d’obstruer plus facilement les filtres à carburant des moteurs.

D’un point de vue plus global, le rapport annuel de la Banque mondiale confirme qu’une part de plus en plus importante des céréales produites dans le monde est affectée à la production de biocarburants. Cette tendance entraîne une baisse des stocks et crée inévitablement une hausse des prix. Résultat : les pays en voie de développement éprouveront des difficultés lorsque viendra le temps de s’approvisionner en céréales. Toujours selon ce rapport, si la situation ne s’améliore pas, les prochains mois pourraient laisser place à des scénarios de famine et d’émeutes au Sénégal et en Arménie.

Le CGER garde la porte ouverte
Le Centre de gestion de l’équipement roulant (CGER) étudie présentement la possibilité d’offrir le carburant biodiésel à sa clientèle. Des analyses de différents intervenants ont permis de déceler que les réseaux de distribution de même que les normes sur la qualité du produit final sont présentement en développement. Notons aussi que le biodiésel demande de nombreuses manipulations, car celui-ci doit être mélangé au pétrodiésel selon des concentrations variant entre 5 % et 20 %. C’est pourquoi le CGER demeure prudent dans la gestion de ce dossier et continue à suivre attentivement l’évolution de la mise en marché du biodiésel.

Une vision d’avenir
Selon les recommandations d’une étude menée par Environnement Canada, les infrastructures doivent être développées plus efficacement. Pour ce faire, les gouvernements devraient encourager l’établissement de corridors servant à acheminer le biodiésel. Quant à elles, les compagnies pétrolières sont appelées à adapter leurs terminaux afin de rendre ce carburant écologique plus accessible.
La demande en ce qui a trait au biodiésel est en pleine croissance, et ce, partout à travers le monde. Cette industrie, à l’aube d’une croissance florissante, sera soutenue par différentes mesures gouvernementales afin d’atteindre les objectifs relatifs à la qualité de l’air et au Protocole de Kyoto.

Sources :
Rapport final du projet BIOBUS - http://www.stcum.qc.ca/info/biobus-final.pdf (en ligne en 2007).
Gouvernement du Canada - Ministère des Ressources naturelles http://www.oee.nrcan.gc.ca/transports/carburants/biodiesel/biodiesel.cfm?attr=16 (en ligne en 2007).



Dernière mise à jour le 2017-03-31 14:24:42